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LA NOUVELLE JEUNESSE DU PARC LONGCHAMP
Laissées à l'abandon depuis 1987, les fabriques du parc Longchamp vont faire l'objet d'une restauration complète, pour redonner au parc tout son charme d'antan.
C'est l'agence Fabrica Traceorum, dirigée par l'Italien Corrado De Giuli Morghen, qui a remporté l'appel d'offre lancé par la municipalité, afin d'effectuer une étude historique et architecturale du site. "C'est un patrimoine précieux qui présente de nombreuses contraintes, commente l'architecte. Il s'agit de rénover les fabriques, tout en respectant les techniques employée à l'époque!". ON veillera donc à respecter ces techniques utilisées au début 19e siècle : ferronnerie d'art, céramique, charpente ouvragée, béton sculpté, toit de chaume, faïences... Le site comprend 11 fabriques à restaurer : le pavillon de la girafe, le kiosque à musique, la grande volière, la volière aux perroquets, les cages aux ours, la cabane au toit de chaume, la petite volière, le pavillon de l'éléphant et la cage aux fauves.
Une histoire pas banale pour un parc urbain
"C'est l'un des jardins publics du 19e siècle les plus emblématiques de Marseille", explique Corrado de Giuli Morghen. Le jardin du parc Longchamp forme une vaste unité, englobant le spectaculaire château d'eau, le musée des beaux-arts et le muséum d'histoire naturelle. Son histoire n'est pas banale car, pendant plus d'un siècle, il a accueilli des animaux sauvages du monde entier! C'est d'ailleurs dans cet ancien parc zoologique, que de nombreux petits Marseillais ont aperçu pour la première fois des animaux de continents lointains comme l'Asie et l'Afrique.Inauguré en 1854, le jardin zoologique du parc Longchamp appartient alors à une société privée qui y installe des animaux dans des petits fabriques décorées. "Le pavillon de l'éléphant a été construit dans un style Indou alors que celui de la girafe rappelle les habitations mauresques", fait remarquer l'architecte. La Ville de Marseille rachète le parc en 1861 et en confie la gérance du zoo à Albert Geoffroy Saint-Hilaire, alors directeur du jardin d'acclimatation du bois de Boulogne à Paris.
C'est l'un des tous premiers jardins zoologiques français, après celui de Vincennes. Dès son ouverture en 1856, le zoo abrite de nombreuses espèces d'animaux exotiques, qui attirent les foules. Parmi les nombreux pensionnaires, on se souvient de l'éléphant d'Asie, de la girafe, de l'autruche, ces lions, ces tigres, ces ours polaires, ainsi qu'une large variété de primates (lémuriens, gorilles...). On enregistre même le passage d'un grand dauphin, de crocodiles et d'hippopotames ! Les derniers animaux quittent le zoo en 1987, laissant alors les fabriques à l'abandon.

